Diversité : les signataires s’engagent en faveur des quartiers prioritaires

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Selon la 6ème édition du Bilan Diversité réalisé par le Secrétariat général de la Charte de la diversité, un tiers des signataires intègrent désormais les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la Ville dans leur démarche. Une réelle avancée.

Cette année,195 entreprises ont signé la Charte de la Diversité, portant à 3.446 le nombre total de signataires depuis son lancement en 2004 par Claude Bébéar et Yazid Sabeg. Sans surprise, c’est d’abord le vecteur de performance économique que les dirigeants convoitent : selon la 6ème édition de « Bilan Diversité », une étude réalisée par le Secrétariat général de la Charte de la Diversité en partenariat avec le cabinet Inergie – Groupe Obea, 38% des signataires disent s’engager pour améliorer leurs résultats, un chiffre qui atteint les 60% pour les entreprises de plus de 1.000 salariés. Sur le très long terme, une équipe diversifiée permet de mieux cerner les attentes des différents types de clientèle, voire de pénétrer de nouveaux marchés. A contrario, pour les mastodontes_ au-delà de 10.000 salariés_ l’enjeu de performance économique se classe en troisième position après l’intégration de la diversité dans une démarche globale de RSE. Interrogées sur leurs leviers de motivations, les entreprises invoquent également les convictions morales du dirigeant (69%). « La Charte de la diversité s’est imposée peu à peu comme un véritable outil de communication tant interne qu’externe pour traduire un engagement en faveur de la non-discrimination », estime Luc Vidal, directeur général adjoint d’Inergie. « Le dispositif fonctionne car il est peu contraignant, n’oblige à rien, si ce n’est à enclencher une démarche constructive », décrypte Sylvie Savignac, secrétaire générale de la Charte de la Diversité.

Fait marquant de l’étude 2015, qui analyse les pratiques diversité de plus de 1.100 entreprises, un tiers d’entre elles ont intégré cette année les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la Ville dans leur démarche diversité alors que ce critère était peu pris en compte jusque-là. Déjà, des résultats concrets se dessinent : près de la moitié des entreprises de plus de 50 personnes ont recruté à l’intérieur de ces quartiers. « S’appuyant sur des dispositifs favorables à l’égalité des chances comme les forums de l’emploi, le parrainage et le recrutement par simulation, qui contourne les biais liés aux diplômes, l’entreprise se tourne vers ces profils pour faire face aux pénuries de main d’œuvre. », explique Sylvie Savignac. « Plus d’une entreprise sur deux souligne également l’optimisation de sa gestion RH à travers la responsabilisation et l’implication des managers », complète Luc Vidal. Autre levier de décision non négligeable, ces patrons bénéficient, au titre de leur ouverture vers ces quartiers, d’un coup de pouce de l’Etat. En utilisant les emplois d’avenir _un contrat d’aide à l’insertion destiné aux jeunes qui rencontrent des difficultés à trouver un emploi_ ou les contrats de professionnalisation, ils accèdent aussi à des exonérations de charges.

Si les grandes entreprises restreignent souvent la diversité à l’égalité hommes-femmes, les petites (moins de 50 salariés) portent une vision élargie, au-delà des critères légaux prioritairement traités, en mettant l’accent sur l’origine sociale et ethnique, la religion et l’apparence physique. «Les TPE restent les meilleures élèves de la classe diversité, sensibles à l’effet d’entraînement lorsqu’une collectivité locale par exemple s’engage et signe la Charte », ajoute Sylvie Savignac. Toutes, en revanche, sont désormais convaincues qu’il faut mesurer pour progresser. 57% des entreprises de plus de 50 salariés ont mis en place des tableaux de bord internes qui mesurent l’avancée des pratiques tandis que les structures de moins de 50 salariés pratiquent l’autodiagnostic.
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